Une mystérieuse maladie du sommeil: les habitants d’un village s’endorment brutalement

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Depuis 2010, une mystérieuse maladie du sommeil s’est emparée du petit village de Kalachi au Kazakhstan.

Cela ressemble au scénario d’une série de science-fiction, qui n’aurait pas de résolution finale. À 445 kilomètres d’Astana, la capitale du Kazakhstan, Kalachi compte à peu près 600 résidents. Au cours des cinq dernières années, au moins une centaine d’entre eux ont souffert d’un mal étrange. Alors qu’ils passaient une journée ordinaire, au travail, à l’école, à la maison, ils ont soudainement perdu connaissance. Des crises de sommeil pouvant durer jusqu’à plusieurs jours et qui frappent parfois plusieurs personnes au même moment, lit-on sur les sites du Monde et de Paris Match.

Comme si on avait appuyé sur l’interrupteur pour m’éteindre
En septembre 2014, huit écoliers se sont endormis en même temps en l’espace d’une heure. Les cas semblent de plus en plus nombreux depuis 2013, note le Siberian Times. « Le matin, j’ai allumé mon ordinateur portable, ouvert des documents que je voulais lire, et c’est tout. C’est comme si quelqu’un avait appuyé sur l’interrupteur pour m’éteindre. Je me suis réveillé à l’hôpital, ma femme et ma belle-mère à mon chevet. On n’a rien trouvé d’anormal dans mes examens. J’ai dormi plus de trente heures », témoigne Alexey Gom, 30 ans, qui était juste de passage pour le week-end à Kalachi.

Hallucinations et épisodes délirants
Particulièrement touchés par le phénomène, les enfants souffrent aussi d’hallucinations. « Ils se comportent comme si ils étaient saouls. J’en ai vu un qui pensait qu’il avait des serpents sur lui. Un autre disait que sa tête allait exploser. C’est complètement fou », raconte un ambulancier. Vera Kolesnichenko a décidé de quitter le village après un épisode délirant de sa petite fille de 4 ans. « Elle me regardait en pleurant: Maman, tu as trois yeux!, et puis elle regardait par-dessus mon épaule et disait: Il y a quelque chose qui rampe sur le radiateur. »

Une ancienne mine d’uranium à proximité
Plusieurs équipes scientifiques ont tenté de percer le mystère. Des médecins, des virologues, des toxicologues, des épidémiologistes se sont rendus à Kalachi, surnommé « Sleepy Hollow » par les médias. Il faut savoir qu’à l’époque soviétique, à quelques kilomètres de là, dans la ville de Krasnogorsk, on exploitait des mines d’uranium. Certains pensent donc que c’est la présence de gaz radon dans l’atmosphère qui endort les habitants.

Gaz radon
Mais l’hypothèse ne tient pas entièrement la route. « Quand on utilise des gaz proches du radon sur des patients, ils se réveillent au maximum une heure après l’opération. Là, on est face à des gens qui dorment entre deux et six jours. Quelle est donc la concentration de ce gaz? Et pourquoi, tandis que quelqu’un s’endort, une autre personne qui partage le même toit n’est-elle pas affectée? », se demande un anesthésiste. Un ancien travailleur de la mine d’uranium confie: « Quand nous descendions dans la mine, la concentration en radon était très élevée et personne ne s’endormait… »

Psychose de masse
Autre piste: celle du monoxyde de carbone, mais les taux ne semblent pas assez élevés au domicile des personnes concernées pour causer de telles intoxications. Alors que les autorités conseillent aux habitants de quitter le village, des spécialistes se demandent si la cause n’est pas simplement psychologique. Un syndrome collectif rare mais déjà observé. « Cela arrive parfois au sein de communautés fermées », révèle l’expert du sommeil Mikhail Poluektov.

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