L’Europe en 2014 : des secousses suivies d’une virée à droite


europeCertains experts prévoient un « tremblement de terre politique » en Europe l’année prochaine. Selon eux, la probabilité du succès des eurosceptiques et des radicaux est très forte aux élections au Parlement européen qui auront lieu au printemps 2014. Les analystes estiment que le cours des évènements suit sa logique : la position ferme des partis tels que le Front national français et le Parti pour la liberté néerlandais devraient arrêter le glissement de l’Europe dans une tolérance démesurée.

Les hommes politiques en place qualifient le niveau grandissant d’euroscepticisme et la popularité de l’extrême droite de tendance la plus dangereuse pour l’avenir de l’Union européenne. Le Premier ministre italien Enrico Letta estime que ce genre d’état d’esprit pourrait mener à la création dans l’UE du « parlement le plus antieuropéen » de son histoire. D’autant plus que l’influence du Parlement européen sur la vie de l’Union européenne n’est pas aussi négligeable qu’on le pense. Cet organisme décoratif à première vue n’a pas le droit de soumettre à l’examen ses propres propositions de loi. Par contre, les députés européens peuvent très bien adopter le budget de l’UE et refuser les propositions de loi de la Commission européenne.

À la veille des élections, les experts craignent aussi bien une forte abstention des électeurs qu’un succès probable des eurosceptiques et des radicaux. En ce qui concerne le taux de participation, il sera comme il sera. Par contre, l’état d’esprit des Européens ces dernières années donne matière à réflexion. La présidente du FN, Marine Le Pen, a rencontré à La Haye le chef du Parti pour la liberté néerlandais Geert Wilders. Les deux personnalités politiques souhaitent former pour les élections parlementaires une union des « eurosceptiques ». Le parti belge Vlaams Belang, ainsi que le Parti de la liberté d’Autriche souhaiteraient s’unir avec cette dernière. Seulement, Geert Wilders et Marine Le Pen ne prendront pas sous leur aile le parti hongrois Jobbik : il leur paraît extrémiste. Le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni ne fera pas non plus partie de l’union.

Auparavant, Bruxelles considérait l’activité de ce genre de partis comme un jeu d’enfants. Cependant, selon Leonid Goussev, chargé de recherche à l’Institut des relations internationales, dans cette nouvelle situation, les fonctionnaires européens devront prendre l’extrême droite très au sérieux.

« Le parti nationaliste le plus en vue, le Front national français, occupe les premières positions dans les sondages sur les élections européennes. Marine Le Pen, qui préside le parti depuis peu, a effectivement pu rafraîchir cette organisation : ces dernières années, le parti a eu beaucoup de succès en France. Par conséquent, la même situation peut se produire au Parlement européen, ce qui pourrait mener à des conséquences très intéressantes lors des votes au parlement sur les questions actuelles et les tendances et l’évolution générales »,explique-t-il.

Selon certains analystes, ces évènements suivent leur logique : la ferme position du Front national français et du Parti pour la liberté néerlandais devrait arrêter le glissement de l’Europe dans le chaos. Toutefois, selon d’autres, l’ampleur en Europe des états d’esprit nationalistes et de protestations est trop exagérée.

Toutefois, ce n’est pas la première année que l’UE se bat avec les tendances de la crise et dans cette situation, habituellement, la question de la correction stratégique s’impose. Des mesures radicales plus fermes sont nécessaires et l’obtention de mandats par des députés des partis de droite européens est tout à fait logique. Certains analystes sont d’avis que la présence « droite » dans le Parlement européen devrait durcir le cap stratégique. Après les élections, il sera possible de s’attendre à des mesures plus décisives pour résoudre les problèmes intérieurs, tels que le chômage, les scandales politiques et la crise financière. Un refus des projets populistes d’élargissement de l’UE vers l’Orient est également probable.

Les craintes des personnalités politiques éminentes que les eurosceptiques feront le nouveau Parlement européen le plus anti-européen de l’histoire de l’UE sont à peine justifiées. Le scepticisme sain aidera à séparer le bon grain de l’ivraie et le passage de la politique du Parlement européen à droite, dans le sens d’un conservatisme sain, ne fera que consolider l’Union européenne.

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